Cancer or not cancer ?

Sac chanel

On a le droit de rêver / Crédit photo Chanel 

Je me suis attachée à ce que les soignants m’ont dit, au début de ce mois d’août 2013. Un insulinome est une tumeur, oui, mais bénigne. C’est ce que je répétais gentiment à tous ceux qui s’enquéraient de mon état de santé.

Donc si c’est bénin, ce n’est pas grave, ça se soigne. Je ne sais pas bien comment mais cela se soigne.

On m’apprends que l’on va me retirer la queue du pancréas et qu’ensuite on verra comment traiter le foie.

En attendant, je gobe différents médicaments à plusieurs moments de la journée, dont une chimiothérapie orale (ah bon, quand même ?) hors de prix, puisque son montant équivaut à un achat mensuel de deux très beaux it-bags. Heureusement qu’il y a la couverture sociale. Je devrais songer à revendre mon traitement sous le manteau et m’acheter un truc génial ! Mais bon, qui d’autre que moi a un insulinome ?

Mes crises d’hypoglycémie sont traitées et disparaissent. Par contre, je me fais difficilement aux effets secondaires générés par ces médicaments. Sécheresse cutanée, odeurs qui me deviennent insupportables et provoquent des vomissements, grosse fatigue. Mais je ne sais pas encore que ce n’est rien comparé à tout ce qui m’attends.

C’est l’été, nous sommes au mois d’août 2013 et j’essaie quand même d’en profiter avant le début des hostilités en passant quelques jours dans un Spa à Cabourg puis une semaine dans les Landes chez mes parents.

À la rentrée, le chirurgien avec qui j’ai pris rendez-vous me dit que c’est malin. Ah ? Oui, puisque les tumeurs ont envahies 80% de mon foie. Ok, très bien, je note, merci pour le renseignement et à bientôt pour l’opération.

Avec le recul, je considère aujourd’hui que finalement je suis bien atteinte d’une forme de cancer. Et tant pis si les puristes de l’insulinome me diront que c’est inexact.

Toujours est-il que j’ai pris de la chimiothérapie orale, que je suis soignée ces jours-ci dans un service d’oncologie, et qu’après le semi échec de la chimio-embolisation puis de l’embolisation, j’ai entamé depuis le 2 juillet une cure de chimiothérapie. Et, petite partie visible de l’iceberg, perdant mes cheveux par poignée, j’ai du me faire tondre la tête.

Alors, finalement, j’ai le droit de dire que j’ai un cancer ?

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NDLR. Les gens semblent plus compréhensifs que si je disais simplement que j’ai une maladie rare et cela m’évite les longues explications. Pratique !

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