(Ma vie entre parenthèses)

Un arrêt maladie ne peut être comparé à des vacances, même forcées. (Impression erronée)

Je suis en arrêt maladie sans discontinuité depuis le 26 juillet 2013, ce qui représente à ce jour plus d’un an d’arrêt. Et je suis incapable d’envisager la moindre hypothétique date de reprise du travail.

Au début, je pensais cette maladie tellement bénigne que j’ai accepté mon arrêt maladie comme du pain bénit. Une pause bienvenue, une période de repos, certes forcé, mais loin d’un travail monotone que j’effectue depuis 6 longues années. Donc tout bénéfice pour moi. Quelques mois rien que pour moi, à faire ce qu’il me plait, m’occuper de ma fille, coudre des vêtements, parfaire ma technique du crochet, lire de bons livres, aller voir de belles expositions, réfléchir à mon avenir, bref, en profiter.

Le chirurgien m’avait annoncé que sans complications, je pouvais être sortie de l’hôpital onze jours après l’intervention (pourquoi onze jours ? C’est en tout cas le chiffre que j’ai retenu), puis qu’il fallait compter sur une convalescence de l’ordre de deux, voire trois mois. Il avait simplement oublié de me préciser qu’après ce type d’opération -une splénopancréatecomie gauche avec retrait de la rate et curage de ganglions atteints-, des complications apparaissent quasi automatiquement et qu’elles sont difficiles à soigner.

J’ai fait mon petit calcul. Me faisant opérer fin septembre, je devrai normalement reprendre le travail fin décembre, mais en tirant sur la corde je pourrai facilement repousser la reprise au début de l’année prochaine, ce qui me permettrait de passer les fêtes de fin d’année en famille. Dans mon travail actuel, l’année professionnelle suit l’année civile, il nous est gracieusement possible de poser une journée de congés payés en fin d’année, soit autour du 25,soit autour du 31 décembre. Royal, lorsque l’on est originaire de province comme moi.

C’est donc en riant sous cape que j’annonçais à mon manager que je ne reprendrai qu’en début d’année 2014.

C’est dans ce même état d’esprit que je préparais ma valise pour l’hôpital. Quelques vêtements, mais surtout de quoi occuper mes mains. L’avenir décida de modifier mes plans.

Au final, je serai restée dix semaines à l’hôpital après cette fameuse opération et j’y ai depuis effectué deux autres longs séjours pour le traitement de mon foie avec à chaque fois son lot de mauvaises surprises et de souffrance. Je comptabilise un total de vingt-deux semaines passées à l’hôpital, à quelques jours près.

image

La visite qui réconforte 

Entre chaque séjour, même si j’ai parfois pu m’évader un peu ou me promener avec des amies, je passe le plus clair de mon temps à me reposer, allongée sur mon canapé, sans rien faire d’autre que regarder la télévision ou jeter un œil sur internet (merci la vente en ligne). Lorsque cela va mieux je fais même quelques courses, et de la pâtisserie, un exploit.

J’aurai bien réussi à tricoter et coudre un peu, mais laborieusement, et pas autant que je ne l’aurai souhaité.

Je regarde impuissante les jours défiler et le temps s’égrener. On pourrait s’imaginer que j’ai beaucoup de chance et que je devrais en profiter pour sortir, mais j’en suis bien incapable.
Tout ce temps libre qui m’est offert mais que je ne peux convertir en occupations joyeuses, alors que mes amis qui mènent une vie active surchargée attendent eux leurs vacances avec impatience. La vie est parfois mal faite.

J’ai hâte de rentrer dans cette phase de convalescence où je pourrai légitimement en profiter avant de reprendre le chemin du travail. Mais le prix à payer reste très élevé.

Publicités