Folfiri 1 versus Folfox : la chimiothérapie, le retour.

Elle ne m’a en fait jamais vraiment quittée, car je subis depuis le mois de juillet une séance d’une durée de 48 heures tous les quatorze jours. Cela fait longtemps que je n’avais pas évoqué le sujet et il est venu le temps pour moi d’y apporter quelques précisions.

# 1ère étape, la chimiothérapie orale, facile ! 

Pour rappel, jusqu’au mois de mars dernier, j’étais sous chimiothérapie orale (un comprimé d’Afinitor à avaler chaque jour), mais malheureusement mon organisme et mes tumeurs y ont pris goût. Les effets du traitement sur ces dernières se sont amenuisés, si bien que j’ai dû être hospitalisée en urgence au mois de mars dernier, en raison d’une forte fièvre tumorale. Les tumeurs avaient repris le dessus.

Tumeurs, un – Magali, zéro.

# 2nd étape, la chimio-embolisation du foie, de bien mauvais souvenirs.

L’équipe médicale a sorti l’artillerie lourde, en dégainant un autre traitement, la chimio-embolisation du foie. Il s’agit d’introduire via l’artère fémorale une sorte de tuyau au niveau de l’aine et allant jusqu’au foie (le tout sous anesthésie locale, ce qui a permis à l’anesthésiste de me faire admirer la longueur du tube en question et m’expliquer chaque étape en direct live), dans lequel est injecté un produit qui va bloquer temporairement l’artère alimentant les tumeurs afin de les nécroser. Ces deux séances (foie droit/ foie gauche) n’ont pas été une partie de plaisir, plutôt un parcours du combattant. Après deux mois de répit et un week-end heureux à Porto, voici que mes tumeurs regagnaient du terrain.

Tumeurs, deux – Magali, zéro !

# 3ème étape : mes deux cures de chimiothérapie, le temps s’étire…

L’équipe médicale a alors décidé de me faire suivre une première cure de chimiothérapie, puis une seconde lui succédant sans discontinuité.

Je vous présente donc Folfiri 1 et Folfox que j’ai eu la joie de découvrir l’une après l’autre ! Leur petit nom sonne un peu comme le fox-trot, mais si cela reste sportif, c’est moins réjouissant qu’une bonne danse.

Folfiri comprend notamment de l’acide folinique, du 5 fluoro-uracile (5FU) et de l’irinotecan (CPT11 ou Campto), avec un peu d’atropine injecté juste avant.
Folfox quant à elle, est composée d’oxaliplatine, d’acide folinique, et de 5 fluoro-uracile. Étant néophyte, je ne connais pas l’intégralité des produits injectés avant qu’on ne me place l’infuseur (Baxter) pour les quarante-six heures suivantes.

chimio

                                 Le sapin de Noël avant l’heure

Tous les quatorze jours, après un chouette prélèvement sanguin effectué afin de s’assurer que mon corps est capable d’accueillir avec bienveillance une nouvelle chimio via mon PAC, je me rends dans le service d’oncologie. J’y restais jusqu’à présent 48h, mais j’ai réussi -ô joie– à prendre la poudre d’escampette 24 heures plus tôt la fois dernière. Hourra !

Avec Folfiri, j’ai expérimenté les effets secondaires suivants : douleurs abdominales fulgurantes, mucite, vomissements, perte d’appétit (et gros stress lié aux baisses de glycémie en résultant), baisse des globules blancs et rouges et beaucoup de fatigue. Je dois en oublier, car je me suis fatalement plus ou moins habituée à vivre avec. Bref, à tel point que notre fauteuil de designer (best wedding gift forever) est devenu mon meilleur ami, fidèle compagnon de mes journées et de mes nuits. J’avais l’impression de ne plus avoir de vie du tout, étant dans l’incapacité de m’en extirper.

J’ai subi ainsi neuf séances de Folfiri, du mois de juillet au mois d’octobre dernier, pour apprendre au détour d’un scanner qu’il n’y avait pas de nette amélioration de mon état de santé. Seules deux tumeurs sont bien nécrosées. Selon les soignants, cela n’est pas si négatif que cela, car leur nombre n’a pas augmenté, et c’est toujours ça de pris. La déception s’installe en moi, je pleure.

Tumeurs, trois – Magali, toujours zéro.

Mon oncologue a alors opté pour une nouvelle chimiothérapie, Folfox démarrée le 5 novembre 2014.
Avec Folfox, je me remets plus vite de ma fatigue. Mais comme il faut toujours un point négatif, je découvre un nouvel effet secondaire, la paresthésie des mains et des pieds. De quoi s’agit-il ? D’une réaction au froid, se traduisant par des fourmillements et des picotements désagréables, comme si une multitude de petites aiguilles venaient piquer mes mains et mes pieds. Cela se produit au contact de l’eau froide, d’un sol voire d’un air ambiant un peu trop frais, d’un objet pris dans le frigo, d’un couvert en métal trop froid. L’hiver n’est pas une bonne saison pour démarrer ce traitement. Pour y remédier il suffit de mettre des chaussettes et d’utiliser de l’eau chaude mais tout n’est pas « réchauffable ». Et de ne pas céder à la tentation de la bûche glacée à Noël, ce qui tombe bien, car chez nous, il est de tradition de déguster plutôt un gâteau de savoie roulé à l’orange ou au chocolat. Miam !

Le plus ennuyant étant que la paresthésie peut empirer et provoquer une atteinte durable des nerfs et une perte de sensibilité des doigts. C’est pourquoi  je ne pourrai bénéficier que de douze séances de cette chimiothérapie.

J’espère vraiment que Folfox sera plus efficace que tous les autres protocoles testés jusqu’à présent.

Que me restera t’il comme solution si tel n’est pas le cas ?

Tumeurs, quatre – Magali, …game over ?

Je préfère ne pas trop y songer afin de passer de bonnes fêtes de fin d’année. Le scanner prévu début janvier marquera la fin de la trêve hivernale. Il sera temps de prendre de bonnes résolutions -que l’on s’attache à vite oublier- pour cette nouvelle année.

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