Résolutions 2015

Au revoir 2014, bonjour 2015 !

Il est grand temps de faire le point sur l’année écoulée et de prendre de bonnes résolutions pour l’année à venir. En espérant qu’elles ne partent pas en fumée dès le 1er février !

A première vue, 2014 aura été une année assez noire, et je ne suis pas fâchée de la quitter pour laisser la place à une nouvelle année qui sera, je l’espère, placée sous le signe de la guérison et du renouveau.

Ma maladie qui s’est déclarée au cours de l’été 2013 est toujours bien présente, m’empêchant de mener une vie normale (« qu’est ce qu’une vie normale ? », me dirait une certaine psychologue de comptoir) et de réaliser mes projets personnels. Lorsque je relis mes trois précédentes résolutions (j’avais été plutôt modeste) de l’année 2014, je constate que j’ai été physiquement incapable d’en tenir ne serait-ce qu’une seule. J’aurai passé beaucoup de temps en milieu clos, à l’hôpital pour me faire soigner, ou chez moi à me reposer, les moments de repos étant ponctués par des phases de doutes, de découragements et d’abattements (« Vais-je un jour guérir ? Pourquoi moi ? J’ai envie d’en finir et que tout s’arrête maintenant. »).

J’ai toutefois envie de relever ce qu’il y a eu de positif et d’heureux, même dans les plus infimes petites choses de la vie. Au hasard de mes pérégrinations sur internet, je suis tombée sur deux citations du comte Louis Philippe Ségur, qui, bien qu’un peu pompeuses, correspondent à l’état d’esprit que j’aimerais adopter au quotidien :

« L’adversité élève les caractères qu’elle ne dégrade pas »,

Et :

« L’adversité, qui abat les cœurs faibles, grandit les âmes fortes ». C’est fort, non ?

**********

Alors, que s’est-il passé de chouette en 2014 ?

#1 – J’ai appris à me connaître d’avantage : en étant à l’écoute de mon corps, en prenant soin de moi, en me chouchoutant, à coup de produits de beauté choisis avec soin, de vêtements douillets / doudous, de séances chez l’esthéticienne de l’hôpital, de séances de kinésithérapie et d’acupuncture, de petites promenades. Je sais aussi désormais que je porte bien les cheveux courts.
Me connaître d’avantage, c’est aussi être à l’écoute de mon esprit, en faisant le vide, en apprenant à respirer, en écrivant ici mes pensées et réflexions du jour. En observant les autres, leur comportement et leur manière de réagir face à ma maladie.
C’est enfin connaître mes limites, en découvrant ce qu’est la véritable douleur et en appréciant cette sensation de bien-être qui m’envahit une fois que les douleurs s’évanouissent. Beaucoup de personnes bien portantes ne réalisent pas à leur juste valeur la chance qu’elle ont d’avoir la santé. Même celles qui éprouvent de la compassion ne peuvent le comprendre entièrement, tant qu’elles n’ont pas vécu la maladie ou cette douleur qui ronge de l’intérieur. Et c’est tant mieux pour elles.
Il me reste encore à réussir à détecter l’origine de ces douleurs.

J’ai appris la patience. Grâce à l’hôpital d’abord, où l’on vit en dehors du temps et de la vie, où l’on n’a de prise sur rien, où rien ou presque n’arrive jamais à l’heure dite. Grâce aux effets de ma maladie ensuite, en acceptant de renoncer à disposer de mon temps comme je le souhaite, les imprévus et la douleur s’invitant sans crier gare et chamboulant tout sur leur passage. Mais je reconnais que j’ai encore des progrès à faire en terme de patience.

#2 – J’ai découvert un univers parallèle, celui des patients qui évoluent dans un monde fait de maladie, de souffrance, de traitements médicaux et d’examens en tout genre, de personnel médical, d’hospitalisation à domicile et d’hospitalisation tout court, d’ambulanciers et de taxis conventionnés. Je vais m’arrêter là, car sinon on n’est pas rendu. Je me serai volontiers abstenue d’y entrer ou alors juste d’y faire un petit coucou en passant, en voisine un peu curieuse, mais on ne m’a guère laissé le choix. Et cela reste malgré tout instructif. Je suis reconnaissante à la France de me permettre de bénéficier de tous ces soins grâce à son système de santé. Ailleurs, je serai déjà sur la paille ou dans un cercueil. Certains français râlent (après tout, on a une réputation à tenir) mais se rendent-ils compte de la chance qu’ils ont de vivre non seulement dans un pays riche, mais qui plus est un pays qui nous offre l’accès à des soins de qualité à un moindre coût. Certes, j’ai cotisé au travers de mon salaire et je bénéficie en plus d’une mutuelle d’entreprise (croisons les doigts pour que cela dure), et c’est donc un droit dont je dispose, mais j’estime avoir une chance inouïe de vivre du bon côté de la barrière.

J’ai appris à me faire mes propres injections en sous-cutanée. C’est une petite victoire et j’en suis fière, surtout lorsque certains infirmiers me disent ne pas oser se les faire. On est encore loin des intra-musculaires ou des perfusions, mais c’est un bon début. Espérons que cela le reste.

#3 – J’ai pu entretenir une relation privilégiée avec ma maman toujours présente à mon chevet et prête à accourir ventre à terre au moindre pépin. Pour cela, je remercie ma maladie, qui nous a permis de nous redécouvrir, après que je me sois détachée d’elle et ai pris mes distances à l’adolescence.
Rien ni personne ne remplacera jamais une maman. J’ai également beaucoup appris sur le sujet avec la naissance de ma fille. Je déplacerai des montagnes pour elle si j’en étais capable.
Je le constate en pensant à la femme qui m’a donné la vie, ma mère biologique. J’éprouverai toujours des sentiments pour elle, même si je ne la connais pas. Est-ce de l’amour ? Je n’en suis pas sûre, c’est a minima une certaine forme d’affection. Je n’ai aucun ressentiment à son encontre quand bien même elle m’a abandonnée alors que je n’étais qu’un nourrisson sans défense. Seulement de la peine, parfois. Ces sentiments sont plus forts que moi et dépassent l’entendement. Je n’arrive pas à lui en vouloir.

J’ai approfondi des amitiés et découvert, si j’avais encore un doute, que j’étais entouré de belles personnes. Leur présence, ne serait-ce que par la pensée, à mes côtés m’est indispensable pour me donner l’envie de guérir. Dieu sait combien je suis chanceuse. A mon tour de leur témoigner toute ma reconnaissance, ne serait-ce qu’en l’évoquant ici. L’amitié est vraiment quelque chose de magnifique et est un sentiment puissant. Se sentir aimé nous rend fort et nous aide à avoir confiance en nous. Oui, vous, moi, nous tous nous nous en nourrissons. L’être humain étant une personne sociable, il éprouve le besoin de vivre en communauté, sauf rares exceptions. J’apprécie aussi d’être entourée de ma famille,de mon mari et de mon rayon de soleil, ma petite fille. Ma famille qui prend régulièrement de mes nouvelles, me rend visite et qui s’est réunie autour de moi, contre ma maladie.

#4 – J’ai assisté à un joli mariage et nous en avons profité pour passer quelques jours en amoureux à Porto, sur les rives du Douro. Quel heureux moment bercé d’insouciance, avant le retour de mes tumeurs.

#5 – J’ai eu la fierté d’organiser au mois de juin une journée d’anniversaire surprise pour mon mari (promenade dans Paris, restaurant gastronomique La Dame de Pic d’Anne-Sophie Pic, dégustation de douceurs en provenance de La Pâtisserie des rêves de Philippe Conticini, soirée surprise avec tous les copains chez Les Niçois, un bar-pétanque). Cela peut paraître futile, mais je m’auto-congratule d’avoir su préparer cet anniversaire surprise tout en étant malade.

#6 – J’ai découvert des blogs et sites sympas de mamans créatives (notamment celui-ci ou encore celui-ci, et celui-là), de blogueuses mode et lifestyle, fait-main (tricot et couture) et DIY (connaissez-vous le blog de la talentueuse Lisa Gachet et celui d’Emilie Guelpa ?). Je reste une grande fan de DIY (fait-main) devant l’Eternel. C’est comme cela que m’a pris l’envie d’ouvrir ce blog, de créer mon espace personnel d’expression sur lequel je prends plaisir à écrire et partager mes émotions. J’espère l’améliorer au fil du temps.

En bref, je m’essaye à voir du beau et du bon dans toutes choses petites ou grandes que la vie m’offre encore, moi qui me sens souvent privée de ma liberté (pas d’expression mais plutôt ) d’aller et venir (clin d’oeil juridique) comme bon me semble.

Finalement ce n’est déjà pas si mal, non ?

Alors qu’est-ce qu’on dit ? Merci la maladie ! Euh et puis non, il ne faut pas non plus pousser le bouchon trop loin quand même. Mais je reconnais qu’elle m’a permis de me secouer et d’éviter que je ne m’enferme dans mon petit train-train quotidien.

**********

Quelles surprises me réserve l’année 2015, sera-t-elle l’année du grand changement ?

la patisserie

Aperçu d’une de mes occupations du mois de janvier 2015

galette cyril lignac

Manger de la galette de Cyril Lignac, ça c’est fait !

Mes résolutions / décisions pour l’année qui a déjà démarré sont les suivantes :

#1Guérir, guérir et encore guérir. On a compris l’idée.

Cela se traduit ainsi :

– Chimio, ne me laisse pas tomber, je compte sur toi.

– Prier pour que mes traitements m’épargnent, c’est-à-dire d’une part qu’ils fassent effet et d’autre part que je les supporte sans trop d’effets secondaires cauchemardesques (spéciale dédicace à la splénopancréatectomie et à la chimioembolisation du foie, quelles expériences pittoresques, mes aïeuls !).

– Espérer être éligible à ce nouveau traitement que mon oncologue m’a présenté (le mystère sera peut-être dévoilé au prochain épisode).

#2 – Réussir à m’occuper d’avantage de ma fille. Gagner en autonomie en allant par exemple la chercher à la crèche.

#3Changer de mode de consommation.
Après avoir visionné des reportages sur les conditions de travail des salariés exploités dans les pays pauvres et qui fabriquent nos vêtements à bas prix, ainsi que des reportages sur la pollution environnementale affolante générée notamment par l’industrie du cuir, j’ai décidé de tendre vers une consommation plus responsable.

Ensuite, la frénésie des achats de Noël me donne la nausée. Cet amoncellement de cadeaux pour la plupart inutiles, il faut le reconnaître, ces joujoux par milliers pour enfants gâtés et qui prennent la poussière avec le temps m’interpellent. Ce tas d’emballages et de jolis papiers-cadeaux déchiquetés et jetés aussi sec à la poubelle me font penser à un massacre environnemental en règle. Surtout si on le multiplie par le nombre de foyers fêtant Noël dans le monde. Même pour les arbres issus de forêts durablement gérées. Et pourtant, j’aime la magie de Noël, les surprises, recevoir des présents et par dessus tout en offrir moi-même !

De plus, je dois me rendre à l’évidence, il me faut commencer à effectuer sérieusement des économies. Si aujourd’hui je peux vivre grâce aux indemnités journalières que me verse la sécurité sociale, je ne peux pas éternellement compter dessus. Comme toute bonne chose, cette « manne financière » aura une fin que je dois anticiper, avant de basculer vers le régime de l’invalidité. Je ne sais pas encore si je pourrai un jour reprendre le travail. (Qui sait ce que l’avenir me réserve ?)

Enfin, et pour clore ma réflexion, je me pose toujours des questions sur l’origine de ma maladie. Est-ce une maladie héréditaire, ou bien l’environnement dans lequel nous évoluons et les produits que nous consommons ne sont-ils pas en partie responsables de son développement (Quid du phénoxyéthanol ? Lire notamment cet article relatif à l’environnement et au cancer)? Je me souviens notamment avoir un jour fait un urticaire géant après avoir porté un pull neuf et non lavé, impatiente que j’étais de le porter. Il devait selon mon allergologue certainement contenir un produit chimique pour le conserver après avoir traversé le globe en container.

Il s’agit donc pour moi d’essayer de consommer différemment, moins et mieux.

Par exemple, en achetant utile, des vêtements de qualité et avec une durée de vie plus longue, loin des diktats de la mode. Ne pas suivre les tendances ne signifie pas non plus se vêtir comme Zaz ou un manifestant de Notre-Dame des Landes. Juste sélectionner de jolis vêtements qui ne se démoderont pas à l’issue de la saison. En mangeant locavore ou en sélectionnant des produits de beauté avec une certification écologique.

C’est pourquoi cette année, je vais essayer de privilégier au maximum le fait-main, en espérant réaliser certains vêtements, en confectionnant de mes propres mains des cadeaux. Cela a aussi le mérite de me permettre de développer mon habileté manuelle et ma créativité et d’occuper mes journées ainsi que mes soirées.

J’aimerais aussi dans l’absolu réussir à fabriquer des produits de beauté et ménagers naturels, moins nocifs pour l’environnement et moins toxiques pour les personnes.

Cela n’engage que moi. Je n’ai pas non plus l’intention de virer vegan ou d’essayer de convertir qui que ce soit à ce mode de vie. Surtout que je suis encore très loin de l’achat 100% responsable, vue la fréquence à laquelle j’achète sur internet ! Au moins vais-je essayer de m’améliorer.

#4 – Ce qui m’amène à ma quatrième résolution, grâce aux cours municipaux pour adultes de la ville de Paris que j’ai suivis, faire preuve de créativité en améliorant mes techniques de tricot (gilet en cours), crochet (projets à venir), de broderie au crochet de luneville et de couture (des patrons m’attendent sagement dans leur panier).

#5 – Améliorer et développer mon blog.

Allez, au boulot!

Publicités