Dédicaces et remerciements.

Normalement, les remerciements se situent à la fin du livre ou lors du générique de fin du film. Au début d’une œuvre, c’est plutôt la place qui est réservée aux dédicaces et citations en tout genre.

Aussi, si je devais dédier ce blog à quelqu’un, cela serait sans aucun doute à mon insulinome sans lequel je n’aurai jamais eu l’idée de créer mon espace d’expression personnel. Ma maladie est ma muse, elle reste ma première source d’inspiration. Elle apparaît en fond sonore même lorsqu’il n’est question que de fait-main. Grande lectrice de magazine et amatrice de blogs en tout genre, je n’avais avant ma maladie pas grand chose à partager avec le reste de l’humanité. J’aime la mode mais je ne suis pas à la pointe de la tendance, j’aime le DIY mais je ne créée pas suffisamment à mon goût pour alimenter un blog, j’aime regarder les blogs de mamans mais je ne veux pas sur-médiatiser mon enfant et créer un univers faussement idyllique. Je reste somme toute quelqu’un de banal, mais transformé par la maladie. J’ai enfin quelque chose à dire. Il ne s’agit pas de raconter pour se la raconter. Ma démarche est plus complexe qu’il n’y paraît.

A travers mon blog, je désire donner de mes nouvelles à ma famille et à mes ami(e)s, à celles et ceux qui se soucient réellement de ma santé et de mon devenir. Partager avec eux mon quotidien fait de maladie, de souffrances, mais aussi d’occupations plus agréables, heureusement. Pleurer avec moi et rire, pourquoi pas. Une sorte de journal intime à cœur ouvert, avec de l’espoir, peu de certitudes mais cette envie de vivre omniprésente.

Je souhaite de plus ajouter ma pierre à l’édifice en embrassant la cause des malades. Être victime d’une grave maladie, cela n’est vraiment pas de la rigolade. Vous qui passez par hasard sur mon blog et me lisez, peut-être compatissez-vous et soutenez mon combat pour la forme, mais il faut bien se l’avouer, vous êtes également rassérénés de ne pas être à ma place. Comme j’ai moi-même pu l’être lorsque j’étais en pleine forme et que j’apprenais la maladie d’une connaissance. Triste pour elle mais soulagée pour ma pomme. Vous comparez votre situation à la mienne et constatez qu’en fin de compte, votre vie pourrait être bien pire. Satisfait, vous allez refermer cette page et retourner à vos petites affaires, ce que j’aimerais pouvoir faire de mon côté. Mais pendant ce temps où votre vie reprend ses droits, nous autres les malades, nous livrons bataille afin de pouvoir tenir le plus longtemps possible. (Mon objectif est de voir grandir ma fille au maximum, de lui fabriquer de beaux souvenirs et qu’elle soit le plus autonome possible pour affronter la vie.) Mais qui sait ce que l’avenir vous réserve et à quelle sauce allez-vous être vous-même mangé ? Peut-être serez-vous demain le prochain sur cette liste qui ne cesse de s’allonger. Vous ou l’un de vos intimes viendra grossir le rang des cancéreux. J’espère alors que vous qui êtes en bonne santé aujourd’hui, allez cesser de ne voir la vie qu’en noir ou déprimer pour trois fois rien. J’espère que vous ferez preuve d’empathie en entourant vos amis malades et pas seulement de temps en temps histoire de vous dédouaner. Loin de moi l’idée de vous faire culpabiliser, car chacun sa croix, même s’il faut se rendre à l’évidence, celle d’un malade et de sa famille reste un fardeau lourd à porter. Nous aider en l’allégeant est une source de réconfort qui nous maintient sur le chemin de la guérison.

Venons en aux citations.
Je me refuse à utiliser cette expression que pourtant beaucoup se plaisent à brandir fièrement comme étendard : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Je m’insurge contre cette phrase que je trouve idiote.
Alors certes, ce qui ne nous tue pas ne nous tue effectivement pas (merci monsieur de La Palice), mais cela ne nous permet pas pour autant de rebondir à tous les coups. Il est parfois extrêmement difficile de se relever d’une épreuve et on n’en sort pas forcément grandi. S’il est possible de s’en passer et de s’éviter des tracas supplémentaires, c’est aussi bien comme cela.

A la place, je citerai plus volontiers Alain-Fournier, un de mes auteurs préférés : « Peut-être quand nous mourrons, peut-être la mort seule nous donnera la clef et la suite et la fin de cette aventure manquée ». Extrait de Le Grand Meaulnes.

Merci

Je passe sans plus attendre à la partie consacrée aux remerciements, à ma remise des Oscars à moi, ne sachant trop la date à laquelle mon blog prendra fin. Et ce qui est fait n’est plus à faire. Voilà une bonne chose de faite.

Il y aura peut-être une impression de déjà vu, mais cela n’est pas bien grave, car il vaut mieux être deux fois reconnaissant qu’une seule, n’est-ce-pas ?

Je n’ai pas l’intention de citer de noms, chacun se reconnaîtra dans ces quelques lignes. Il ne s’agit pas non plus d’établir un classement avec en haut de l’affiche la personne la plus méritante et tout en bas la plus indifférente. Il s’agit juste de ma pensée.

Je tiens simplement à remercier ma famille, mes proches et même des personnes que je classais initialement dans la catégorie des connaissances mais que j’ai découvert sous un autre jour, pour leur soutien indéfectible et leur présence à mes côtés. Qui se traduit de différentes manières. Certains me rendent visite, me prêtent leur épaule pour pleurer et sont à l’écoute de mes angoisses, d’autres prennent régulièrement de mes nouvelles en m’envoyant des petits messages, ou encore me proposent leur aide pour tout et n’importe quoi, tant que cela peut m’apporter du confort. Je reçois même des petits cadeaux et je n’en demandais pas autant. Je suis gâtée !

Ce n’est bien évidement pas la taille de l’attention qui compte, mais l’intention. Même la plus petite d’entre elles me marque. Tant de délicatesse et d’élégance me touchent énormément. Se sentir entouré est très important pour un malade, notre vie sociale se réduisant alors comme peau de chagrin. Avant d’être en arrêt, j’avais la chance d’évoluer au sein d’une grande société, de travailler et rigoler avec de nombreux collègues et d’avoir en parallèle beaucoup d’ami(e)s. Passer d’une vie sociale bien remplie à une vie de malade où l’on côtoie moins de monde (et surtout des malades et des membres du corps médical) n’est pas chose aisée à accepter et ne remonte pas franchement le moral.

Aussi, comme tout malade, je suis devenue très sensible aux marques d’attention. Même un simple petit « je pense à toi » qui m’est directement adressé sur mon téléphone me fait du bien, autant qu’un médicament. Vous pouvez donc continuer de la sorte ! En plus, cela ne prend que deux petites minutes, entre la rédaction et l’envoi du message, et ça me remonte le moral, et surtout me montre que je compte toujours pour quelqu’un. Je ne réclame bien évidemment pas un roman, surtout que je ne peux pas forcément y répondre dans l’instant. Ce n’est pas grand chose pour vous mais pour moi, c’est énorme. J’essaie moi-même d’être vigilante et de répondre à ceux qui me demandent directement des nouvelles, dès que possible. Grâce à ma maladie, un tri naturel s’est opéré parmi mes relations (connaissances, copains, amis, et même famille). Certains se sont révélés, d’autres m’ont franchement déçus : certains se cherchant même des excuses pour ne pas prendre ou me donner de leurs nouvelles (c’est du vécu). A croire que je suis trop handicapée pour décrocher un téléphone. A croire que la maladie fait peur. N’ayant pas peur des mots. Et tant pis si j’en vexe certains et si cela dérange que je l’écrive. De toute façon, je doute qu’ils me lisent ici donc cela n’est pas gênant.

J’envoie un grand MERCI de tout mon cœur à tous les autres.

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