J’ai testé…la manucure / pédicure.

Quelle drôle d’idée ai-je de rédiger un article sur ce sujet. Quel rapport avec la maladie me direz-vous ?
Et bien si, il y en a bien un en fait, que vous allez découvrir au fil de cet article.

Pour fêter les trente ans d’une amie, j’ai décidé de lui offrir une pédicure dans un salon de beauté proche de chez nous. Nous avons eu du mal à nous fixer sur une date (en raison de son emploi du temps bien rempli, de ma crainte de devoir annuler au dernier moment à cause de mes fichues douleurs et de la fatigue liées à la chimio), mais ça y est, nous y sommes enfin parvenues.

Elle comme moi avions besoin de prendre du temps pour nous, de nous retrouver toutes les deux pour pouvoir discuter tranquillement.

Nous nous sommes données rendez-vous dans ce salon de l’avenue Parmentier, tenu par des asiatiques masquées, qui ne paye pas de mine de l’extérieur mais qui est plutôt bien agencé. Et surtout qui ne désemplit pas, ce qui reste un gage de qualité et d’hygiène, du moins je l’espère.

La pédicure m’a fait du bien car j’ai des ongles moches et surtout j’ai pu bénéficier d’un massage et d’un gommage jusqu’à mi-mollet. C’était plutôt un bon moment, malgré les chatouilles liées au ponçage de la voute plantaire. L’esthéticienne a été étonnée de voir le nombre de bleus présents sur mes mollets. On ne sait d’ailleurs toujours pas pourquoi je marque autant. Est-ce lié aux traitements, à mon taux de plaquettes limite ou bien simplement à la chimio ?
Toujours est-il qu’elle n’a pas pu s’empêcher de me faire part de sa surprise et que je me suis sentie obligée de lui dire que j’étais malade. Cela ne m’a pas dérangé outre mesure, mais je ne sais pas trop pourquoi je me sens souvent obligée de me justifier. Il va falloir que j’y réfléchisse.

J’en ai également profité pour me faire faire une manucure. Ayant les bouts de doigts très abîmés par les traitements (la paresthésie liée à la chimio) avec la peau desséchée et qui a tendance à s’en aller, j’ai apprécié les soins et massages qui m’ont été prodigués et j’ai quitté l’institut avec les mains toutes douces. Le bénéfice sur les doigts a été de courte durée, mais je ne vais pas m’en plaindre car cela ne pouvait être autrement.

IMG_1003

Une couleur flash

En conclusion, je me répète beaucoup mais j’ai passé un moment très agréable en compagnie de mon amie, mes douleurs s’étant donné le mot pour me laisser un peu tranquille. Cela fait toujours beaucoup de bien de s’occuper de soi et de sa beauté, et c’est quelque chose que l’on a tendance à mettre de côté lorsqu’on est malade.
Grande est la tentation de traîner dans des vêtements confortables (pyjamas) toute la journée. Et qui dit confortable ne dit pas forcément très esthétiques. Depuis que ma maladie s’est installée et que je passe du temps à l’hôpital, je n’ai jamais autant possédé de pantalons mous et d’étoles amples. Dans les films, les filles qui adoptent ce « no style » sont belles et ont de l’allure malgré tout. Un peu comme Nathalie Portman et sa tenue de danseuse en répétition dans Blackswan. Dans la vraie vie, c’est autre chose !

J’avoue que par contre, je ne me suis pas du tout intéressée à la composition du vernis, qui doit être plein de composés chimiques pas très sains. Mais bon, je ne fais que très rarement de manucures.

Avoir de belles mains et de beaux pieds, même si cela ne se voit pas tellement permet de se ré-approprier son image, c’est une première étape avant de se maquiller et prendre à nouveau soin de soi. Cela m’a fait beaucoup de bien au moral et m’a permis de retrouver mon identité. Car il ne faut pas l’oublier, avant d’être malade, je suis d’abord une femme.

Publicités