Une soirée aux urgences : mystère et boule de gomme.

aphp st antoine

La vie nous réserve parfois bien des surprises. Je n’imaginais pas en me levant ce vendredi matin que j’allais atterrir aux urgences le soir même en raison d’un problème avec mon PAC (= Port a Cath).

Ce vendredi était prévue ma huitième séance de chimio, « Folfox ». Je me suis donc présentée comme à l’accoutumée en Hôpital De Jour (= HDJ), le moral en berne. Je sais que je vais être prise d’une irrépressible envie de dormir toute la journée à cause de la polaramine que l’on m’injecte pour écarter tout risque d’allergie que j’ai développé à l’oxaliplatine.

De retour chez moi, je me suis assez vite rendue compte que quelque chose clochait avec mon PAC. Il y avait du sang qui refluait.
Après le passage de l’infirmier de la HAD et malgré ses tentatives infructueuses, il a bien fallu se rendre à l’évidence, mon PAC était bouché. Bouché ! Quelle mauvaise blague…

J’avais déjà entendu parlé de risque d’infection mais que vaguement de ce cas de figure. C’est ainsi que j’atterris aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine, où j’admets avoir été plutôt bien traitée malgré l’attente inhérente à ce service. Le médecin m’a simplement avouée qu’elle n’y connaissait pas grand chose en oncologie et elle a eu l’humilité de faire appel à des infirmières compétentes. D’ailleurs, ces dernières ont pris en compte le fait que j’étais sous chimio, ont toutes été très gentilles avec moi et m’ont bien entourées. Dans la salle d’à côté, un clochard ronflait sur son brancard.
Résultat du scanner passé en urgence : pas de bouchon visible, ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas. Il est probable que le produit ait cristallisé en raison d’un défaut de rinçage entre le passage des deux chimio et que cela n’apparaisse pas sur l’image. Retour à la case départ.

Après une courte nuit de sommeil et sur le conseil des urgences, nous avons dès le samedi matin contacté le service d’oncologie qui me suit. Pas de chance, ce dernier ne pouvait me recevoir, faute de place disponible, hormis dans le couloir… A la place, ils me proposent d’envoyer le protocole à suivre à l’HAD.

Finalement, lorsque le même soir (nous sommes toujours le samedi) l’infirmière de l’HAD est passée avec le protocole Urokinase à effectuer, nous nous sommes trouvées face à une situation nouvelle : point de bouchon, celui-ci avait disparu comme par enchantement. Et elle me l’a prouvé en rinçant le PAC avec une facilité déconcertante.

Nous en sommes restés comme deux ronds de flans.

Le mystère reste complet.

En résumé, j’ai été piquée à quatre reprises dans le PAC (sans patch Emla, admirez le courage). J’ai passé une folle soirée aux urgences et effectué un scanner (sachant que lundi j’en ai effectué un autre sur plus ou moins la même zone car il était programmé de longue date) pour qu’au final ledit bouchon décide de se volatiliser sans aucune explication !

Ma chimio n’est pas intégralement passée, voire même pas du tout, du moins pour ce qui est du 5-FU.
Il n’empêche que je subis quand même les effets secondaires de l’oxaliplatine qui m’a été injectée à l’hôpital, dont font partie la paresthésie et la fatigue.

Seul lot de consolation, au moins n’aurai-je pas eu à me traîner mon Baxter tel un fil à la patte au cours des quarante-six heures suivantes.

Voilà, c’était les péripéties de ma dernière séance de chimiothérapie ! En espérant ne plus jamais connaître d’autres déboires avec mon PAC.

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