Pourquoi je n’aime plus les taxis conventionnés

Je crois qu’en fait je n’ai jamais aimé les taxis conventionnés, ou pour être plus précise les chauffeurs de taxis conventionnés…même si je trouve ce service très utile et bien pratique pour nous autres pauvres patients qui traînons la jambe.

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Crédit photo : leblogauto.com

Qu’est-ce qu’un taxi conventionné ?

Certains taxis signent une convention avec la CPAM (d’où leur nom), en fonction de laquelle le malade qui remplit certaines conditions est dispensé de l’avance des frais de transports pour certains de ses déplacements. Pas pour aller chez le dentiste, plutôt pour se rendre à l’hôpital. Quelle chance me direz-vous, surtout lorsqu’on voit le prix d’une course ! Rassurez-vous, nous payons quand même le ticket modérateur a posteriori. Et ce n’est pas non plus un cadeau que la caisse m’octroie, car si je pouvais me passer de tous les soins et de tous les autres frais qui restent à ma charge à cause de ma maladie, cela me plairait d’avantage. Qu’est-il préférable : être remboursée de mes frais de transport ou mener une vie « normale » sans maladie ?

De la difficulté d’emprunter les lignes de métro.

Étant prise en charge à 100 %, j’en bénéficie donc pour aller à mes séances de chimiothérapie, effectuer certains examens, comme les scanners ainsi que pour mes rendez-vous de suivi. Il m’est en effet déconseillé d’emprunter les transports en commun.D’une part afin d’éviter les microbes et autres maladies de saisons en raison de mon taux de globules blancs limite (paraît-il que la grippe fait des ravages cette année, mais aux infos ils mettent seulement en garde les personnes de plus de soixante-cinq ans ainsi que les nourrissons donc selon leur logique imparable je devrais passer entre les mailles du filet). D’autre part parce que je suis trop faible pour réussir à avaler ces mètres de couloirs et ces marches par milliers (j’exagère à peine), et je dois éviter cette folle cohue, ces bousculades pour savoir qui montera le premier dans la rame et l’inélégance d’usagers de la RATP préférant scruter une tache invisible sur le bout de leurs chaussures ou faisant semblant d’avoir les yeux dans le vague en regardant à travers la vitre rayée plutôt que de me proposer charitablement leur place. Au moins quand j’étais enceinte, j’y allais au culot et je demandais à haute et intelligible voix une place assise, et encore uniquement dans l’emplacement réservé à cet effet, vous savez, le carré pour estropiés, grands invalides civils ou de guerre, veuve et orphelins, sourds-muets-aveugles-unijambistes qui oseraient en toute inconscience s’aventurer dans les méandres du métro parisien. J’étais alors munie d’un argument de poids -mon ventre rebondi de femme enceinte- qui mettrait la honte durant les vingt secondes suivantes à la personne ayant refusé de s’exécuter, de préférence un jeune homme ayant l’air de respirer la santé. Ça leur apprendra à se lever spontanément; tiens, c’est une leçon de civisme finalement.

Actuellement, je n’ai ni le courage ni l’envie de justifier une telle demande en leur montrant mes analyses médicales, ma peau sur les os ou encore mes cuisses toutes bleues à cause des piqures. J’en regretterai presque mon crâne mis à nu. Pourtant, mon physique de phasme parle pour moi (Coucou les hyènes !), et serait un bon passeport pour en bénéficier. Mais je n’ai pas la force pour récriminer.

Bref, voilà pourquoi j’apprécie de pouvoir éviter les transports en commun en empruntant les taxis parisiens.

Et tout serait plus que parfait si je pouvais aussi éviter les conducteurs de taxis.

Constat.

En effet, depuis une année et demie que j’utilise ce service, je suis tombée sur environ 95 % de mal-embouchés. Pour rester polie. Il semble que de nombreuses personnes n’aient jamais appris les règles de base de la politesse, ce qui est plutôt choquant lorsqu’elles occupent un métier au contact direct du public.

En acceptant de devenir des taxis conventionnés, ces chauffeurs savent pourtant qu’ils vont être amenés à prendre en charge des clients un peu particuliers, qui sont malades et ne débordent pas d’une énergie folle. Et qu’une aide pour monter dans leur véhicule ou en descendre n’est jamais de trop, certaines voitures étant très hautes, d’autres ayant des portières coulissantes ou difficiles à fermer… J’ai souvent la désagréable impression qu’ils m’accordent l’immense honneur d’utiliser leur service, alors que cela devrait plutôt être l’inverse, au vu de la concurrence qu’ils subissent aujourd’hui avec la présence des VTC (= voiture de tourisme avec chauffeur, comme Uber) ou en raison du nombre élevé de taxis existants sur le marché parisien au regard de la demande qui selon les dires d’un chauffeur est variable selon les saisons et les salons en cours.

Retour d’expérience : de l’importance de connaître les règles du savoir-vivre.

Beaucoup ont dû bannir le mot « bonjour » de leur vocabulaire. D’autres ont dû subir une greffe à l’oreille de leur kit main libre, car ils ne se gênent pas pour téléphoner à leurs proches pendant la course, ce qui est en plus un comportement à risque. Sans compter ceux qui remplissent le dossier en conduisant afin de ne pas perdre une seule de leurs précieuses minutes.La plupart ne daignent descendre de leur véhicule pour aider les patients en leur ouvrant la portière. Ils y sont seulement contraints en présence d’une valise. Ainsi, lorsque j’avais une fracture du bras droit et une attèle pourtant bien visible, c’est ma maman qui faisait office de portier ! Ces chauffeurs oublient aussi que leur passager est avant tout un client, ils nous imposent leur fréquence radio, en augmentant le volume si le sujet les intéresse, ou en ouvrant la fenêtre en plein mois d’hiver sans nous demander si cela pourrait nous déranger. Il m’est même arrivé de tomber sur un taxi mécontent de la manière dont le formulaire avait été rempli par le médecin et qui a préféré me planter devant l’hôpital plutôt que d’attendre que l’on me délivre un autre formulaire. Quel &#%¥£^>~}@ !!!.

Je pense que nombre de chauffeurs de taxis conventionnés devraient sérieusement songer à se reconvertir dans un autre métier.

Et les ambulanciers dans tout cela ?

Pour les défendre (un peu et par esprit d’équité), j’avoue que certains ambulanciers ne font guère mieux. Par exemple, il m’est arrivé qu’une équipe de deux personnes me ramène à mon appartement après un séjour à l’hôpital , et pendant que l’un pousse mon fauteuil roulant, le second l’accompagne les bras ballants tout en laissant galamment ma maman porter telle une mule mon sac, ma valise plus ses affaires et leur pousser la porte afin de leur laisser le passage libre. Toutefois, ces derniers en général me font passer un trajet plus agréable que les chauffeurs de taxis. Je suis même tombée sur des ambulanciers qui me reconnaissaient dans les couloirs de l’hôpital et me disaient bonjour. Un autre est même un jour venu me rendre une petite visite alors que j’étais hospitalisée et qu’il venait chercher un autre patient dans le même service.

L’exception qui confirme la règle.

Bien entendu, il m’est aussi arrivée de croiser la route de chauffeurs de taxis plus agréables. Pour être honnête, il s’agissait juste de personnes connaissant les règles du savoir-vivre et que tout le monde devrait posséder, mais comme cela reste une exception, on a la tentation de les trouver parfaites alors qu’elles ont juste un comportement normal, courtois sans être obséquieux. Si un chauffeur de taxi venait à me lire, qu’il n’hésite surtout pas à en parler autour de lui, ce type de comportement devrait être plus souvent dénoncé.

Pour conclure, si j’avais le choix, je testerais bien Über…toutes les personnes qui m’ont en parlées étaient jusqu’à présent conquises.

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