Comment aider un proche atteint d’un cancer #3.

Finalement, je réalise qu’il y a et qu’il y aura toujours une suite à donner à mon article initial.

Cette fois-ci, j’ai envie de m’insurger contre deux catégories de personnes.

leave-britney-alone-guy« Leave Britney alone ! » (Laissez Britney (Spears) tranquille)
Coucou Chris !

#1 – Les donneurs de conseils :
Il s’agit de toutes ces personnes qui tiennent absolument à me faire part de leurs précieux conseils, tout cela parce qu’elles connaissent quelqu’un qui a eu un problème de santé vaguement similaire au mien ou bien parce qu’elles aussi sont victimes d’une douleur dans la même zone que la mienne (« ah ouais, toi aussi tu as un insulinome dont tu vas peut-être crever, c’est dingue, ça !? ») et donc c’est forcément la même chose, ou parce qu’elles ont entendu, lu, visionné, un documentaire, un article qui les a éclairé sur la meilleure manière de vaincre ma maladie et d’aboutir à ma guérison.

Je les remercie pour tout l’intérêt qu’elles me portent, car je reconnais que cela part d’un bon sentiment et j’apprécie qu’elles pensent à moi, mais je tiens à leur rappeler gentiment qu’il existe dans la société une catégorie de personnes qui a fait des études médicales trèèèès longues et spécialisées et que ces personnes savent, sauf rares exceptions, généralement pas trop mal s’occuper de leurs patients.
De plus, étant la première concernée par le mal qui me ronge, je peux vous assurer que je ne le prends pas par-dessus la jambe et que j’ai choisi d’être suivie par des personnes très compétentes et au demeurant très gentilles avec moi et à mon écoute, et enfin que j’ai moi-même cherché des remèdes alternatifs et compatibles avec mes traitements afin de m’apporter un confort de vie. J’ai un petit secret à vous confier, si cela peut vous rassurer :
je n’ai pas hésité pas à faire appel à un médecin acupuncteur ainsi qu’à une naturopathe afin de trouver des solutions pour faire face à mes douleurs. Par exemple, j’ai ainsi revu mon régime alimentaire en évinçant certains produits (ne m’offrez plus de bonbons ou autres cochonneries par pitié, je préfère m’en charger moi-même lors de mes craquages, plutôt que de me retrouver face à un gros paquet de Haribo qui finira à la poubelle. J’avoue, j’ai jeté des bonbons à la poubelle…Si vous y tenez tant que cela, sachez qu’ils en vendent des bio à la coopérative). Je suis même suivie par une kinésithérapeute qui s’occupe de mobiliser mon bras après s’être occupée de ma cicatrice et en ce moment je vois même un dentiste afin de faire le point sur ma dentition et poser des couronnes (le prix d’un beau sac à main). Je suis presque certaine d’être plus attentive que vous à ma santé.

doctissimo Crédit photo : Doctissimo.fr

J’apprécie quand même de discuter avec mes amies de produits de beauté bio, de l’usage d’huiles essentielles, de leurs régimes alimentaires, qu’elles me donnent de bonnes adresses ou des astuces de ce côté-là (mais qui au final n’a un lien que très lointain voire inexistant avec ma maladie) et encore, lorsque c’est moi qui en fait la demande. Je pense par exemple à une amie intolérante au lactose avec qui j’ai pas mal échangé à ce sujet, mais uniquement parce que c’est moi qui l’est lancée sur ce point. Je préfère être consultée avant toute initiative.

En résumé, si vous n’êtes ni médecin ou professionnel de santé, ni malade atteint de la même affectation que la mienne et en avez guéri, si le site doctissimo.fr est votre bible, si vous vous auto-diagnostiquez au moins une maladie grave par mois, et si a fortiori je ne vous ai aucunement sollicité, alors passez votre chemin, votre baratin ne m’intéresse pas et je ne vous écouterez pas, sauf par politesse en ayant des difficultés à réprimer un bâillement d’ennui.
J’essaie de vivre le plus sereinement possible et je ne souhaite pas me compliquer la vie avec d’autres recommandations et conseils en tout genre. Cela raisonne dans ma tête et je ne sais plus à quel saint me vouer. Imaginez-vous à ma place, si tout le monde avait son mot à dire ou y allait de son petit conseil sur votre maladie ! Je tiens un blog certes, mais je ne suis pas une personne publique non plus…
Donc non, je n’entamerai pas de jeûne thérapeutique (surtout que cela m’est fortement déconseillé), je ne me roulerai pas toute nue dans de la cendre, je n’égorgerai pas de poulet un soir de pleine lune, je ne boirai pas des litres de bouillons aux herbes ou d’huile d’olive (il paraît que l’huile de colza c’est meilleur pour la santé) ou de citron (quoiqu’un citron pressé chaud avec du miel et du gingembre c’est délicieux). Désolée…Si encore vous m’annonciez que manger quatre portions de millefeuille par jour ou les éclairs au chocolat de Christophe Michalak étaient efficaces…A bon entendeur (pour les éclairs)…

« Leave Britney alone ! » de Chris Crocker, cela ne vous rappelle rien ? 🙂 On regarde la vidéo pour la route ?

#2 – Je vous parlais précédemment des psychologues de service. Je vous parlerai maintenant des « décortiqueurs ou casse…noisettes ». Là, on a atteint le palier supérieur.
Avec l’ouverture de mon blog, j’ai découvert chez certaines personnes une facette de leur personnalité que je ne connaissais pas. En effet, certains tentent de me psychanalyser à travers mes écrits. Qu’est ce que c’est agaçant !
Dès que j’emploie un mot au lieu d’un autre, que je déplace une virgule ou que j’ajoute un point d’exclamation, il paraîtrait que cela veut forcément dire que je ne me sens pas bien, ou que je souhaite faire passer tel ou tel message. Et bien, non, je suis désolée de vous contredire, mais ce n’est pas du tout le cas. J’écris avant tout pour moi et pour me faire plaisir. J’aime manier les mots, faire des phrases et éventuellement j’en profite pour faire passer certains messages, mais dans ce cas-là, il n’y a pas à lire entre les lignes, puisque c’est écrit noir sur blanc. Et puis je vous rappelle également que je ne suis pas pieds et poings liés par mon blog, c’est moi qui choisis son contenu. Et oui ! Dingue ! Mais bon, si cela vous occupe…

De même, ce n’est pas parce que je suis malade que je dois en plus me farcir une dépression. On peut être tout simplement malade et…malade, et rien d’autre, voilà tout. J’ai plutôt assez bien accepté le fait d’être malade, même si évidemment, ce n’est pas facile tous les jours de vivre avec une épée de Damoclès au dessus de la tête, de ne pas pouvoir mener de projet à long terme, de ne pas pouvoir reprendre une activité professionnelle, mais ce n’est pas non plus une raison pour que je me laisse trop abattre ou que je pleure tous les jours de la semaine. L’actualité de ce jour nous prouve aussi qu’on peut être un grand sportif, en pleine possession de ses moyens, avoir l’avenir devant soi et malgré tout le destin en décide autrement, la vie s’arrêtant du jour au lendemain (au moins ont-ils eu la chance de vivre des expériences inoubliables, c’est plus sympa comme vie si on la compare à celle des milliers d’anonymes qui meurent chaque jour dans les conflits). Je suis ici et j’ai déjà de la chance, vous ne trouvez pas ? Dans un autre pays, c’est vous qui pourriez ouvrir un blog à mon effigie (si cela intéresse quelqu’un).En me demandant régulièrement comment je me sens, j’ai l’impression que certains sont déçus lorsque je n’ai pas grand chose à dire. Et bien, oui, je me sens fatiguée car la chimio cela me fatigue, douloureuse également car la chimio et ma maladie me donnent aussi des effets secondaires douloureux, dont je vous ai déjà parlé. Mais pas forcément dépressive. Et c’est tout, il n’y a pas à écrire de roman sur le sujet. Alors je m’excuse de ne pas être au bord du gouffre et à deux doigts du suicide. Mais c’est comme cela. Et puis à chacun son jardin secret. Je n’ai pas envie de tout raconter, tout comme vous, vous conservez certaines impressions ou sentiments pour vous seuls. Ce n’est pas la peine d’essayer de m’arracher les mots de la bouche. Si je n’ai pas envie d’en parler, je ne le ferai pas. Je ne partage ici que ce que je souhaite partager, et pas plus ! Encore une fois, mettez-vous à ma place, quel effet cela vous ferez si on cherchait à vous faire dire comment vous vous sentez à la suite d’une rupture amoureuse, d’un échec professionnel, d’une dispute avec un(e) ami(e), d’un décès. Vous n’avez pas forcément envie de vous confier, je me trompe ?

En résumé, si vous souhaitez m’aider, alors prendre simplement de mes nouvelles et m’envoyer un message d’encouragement, c’est déjà formidable, comme je l’évoquais précédemment.
J’ai d’avantage besoin d’une oreille, d’une épaule que de conseils et d’inquisition.

Cela ne fera que me mettre en rogne et je crois que cela ce n’est pas très bon pour ma santé ! Il faut que je reste calme pour ne pas activer mes vilaines tumeurs 🙂

Tout est dit.

Bonne soirée !

*****

NDLR. Finalement c’est marrant, je me sens ici comme à l’époque où je me positionnais stratégiquement avec une copine au premier étage d’un célèbre fast-food à l’angle de la rue Sainte-Catherine et de la rue Porte-Dijeaux à Bordeaux et d’où nous examinions du haut de notre perchoir les passants avec hilarité devant leur look improbable. Nous étions bien vilaines 🙂

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