J’ai testé…la naturopathie.

 Il y a environ un mois, j’ai commencé à suivre les recommandations d’une naturopathe, en parallèle à la chimiothérapie et aux traitements médicamenteux que je suis depuis plus d’un an et demi.

Ma kinésithérapeute de choc m’a un jour parlé d’une naturopathe avec laquelle j’ai décidé de prendre rendez-vous, histoire de voir. Je suis ouverte aux méthodes douces et alternatives, tant qu’elles n’entrent pas en conflit avec les traitements plus conventionnels. Alors pourquoi ne pas essayer si cela me permet de gagner en confort et en qualité de vie ? Après tout, j’ai de grosses douleurs abdominales qui me gâchent la vie depuis que j’ai débuté ma chimiothérapie et que les médecins n’arrivent pas à atténuer, malgré toute la meilleure volonté du monde.

Beaucoup de gens ne savent ni ce qu’est un naturopathe, ni ce que ce dernier peut leur apporter.

Afin de vous éclairer, j’ai cherché sur internet une définition, au lieu d’en « bricoler » une par moi-même. Ainsi, selon le site passeport santé, « la naturopathie est un système médical complet et cohérent qui mise avant tout sur la stimulation des mécanismes naturels d’autoguérison du corps. Les interventions du naturopathe visent en premier lieu à activer, nourrir et renforcer ces mécanismes plutôt qu’à éliminer des symptômes ou à attaquer directement des agents pathogènes. Elles se veulent aussi douces et non effractives. Parmi les outils privilégiés de la naturopathie, on retrouve, entre autres, la phytothérapie, la nutrition, l’homéopathie, l’aromathérapie, les manipulations physiques, les techniques de gestion du stress, etc. »

Le site Santé naturopathie quant à lui précise que « le mot naturopathie vient du latin NATURA et du grec PATHOS qui signifient étudier et supprimer le mal à l’aide des moyens que nous offre la nature ! Il vient également de deux mots anglais NATURE et PATH qui expriment la voie, le chemin de la santé à travers l’observation, l’étude et la pratique des lois naturelles. »

Un(e) naturopathe est donc une personne qui a effectué une formation en ce sens, et qui nous apprend à être d’avantage à l’écoute de notre corps et de notre environnement pour nous soigner. Pour cela il convient avec l’aide du naturopathe d’adopter un comportement ainsi qu’un mode de vie plus sains, en utilisant (pour ma part) notamment des remèdes issus des plantes, en s’essayant à des techniques naturelles, telle que la pratique de la respiration, dans le but d’aider notre corps à se « réparer ». Je ne pense pas que la naturopathie ne remplace totalement la médecine classique ni qu’elle s’y oppose, mais plutôt qu’elle vient la compléter. En ce qui me concerne, elle me permet de gagner en hauteur, de poser un autre regard sur ma manière de vivre avec ma maladie et de me soigner. Tout est une question d’angle de vue. De plus, la naturopathie me donne l’impression d’être d’avantage active dans ce long et sinueux chemin vers la guérison. (À ce stade, je n’en suis plus au marathon, mais plutôt à l’ultra Trail)

C’est plus clair pour vous, maintenant ? Pour moi, oui !

Fleur rose

Les bienfaits apportés par les plantes passent aussi par le plaisir qu’elles procurent !

J’ai donc rencontré Amanda il y a un mois environ. C’est une personne douce et à l’écoute et qui m’a dit quelque chose de tout à fait judicieux en ce qui concerne mes douleurs et que j’ai bien intégré : dans mon cas, il s’agirait de trouver l’origine et soigner les causes de mes maux au lieu d’intervenir directement sur leurs conséquences. En effet, face à mes troubles et désordres intestinaux, les médecins ont tendance à me gaver de médicaments pour remédier à mon transit paresseux. Ils interviennent donc plutôt sur les conséquences. Une diarrhée ? Allez hop, de l’imodium et du tiorfan. De la constipation ? Hop hop hop, du forlax. Des douleurs ? Pour cela, il y a la morphine bien sûr (qui a notamment pour effet un ralentissement du transit, gloups). Cela va peut-être m’aider à court terme mais pas sur la durée. Donc pourquoi ne pas plutôt essayer d’atteindre les troubles qui en sont à l’origine, en équilibrant en premier lieu mes intestins ? Cela m’apaiserait, tout simplement …le but étant de faire un travail de rééquilibrage de terrain, en complément des traitements médicaux.

Amanda qui ne me connaissait pas, a commencé par discuter avec moi au sujet de ma maladie et de ces maux qui me gâchent la vie. Nous avons fait le point sur ce que j’attends de notre rencontre, à savoir trouver des remèdes naturels et faciles à pratiquer pour éradiquer les causes de mes douleurs.

Amanda m’a ensuite donné quelques remèdes à suivre et des aides que je qualifierais sans doute à tort de « trucs et astuces », que je me permets de divulguer ici, associés à mes pratiques personnelles que je m’efforce de suivre, malgré quelques craquages, de temps à autres, car il faut bien se l’avouer, je suis parfois faible humaine.

****** LES REMEDES UTILES ******

  • Pour lutter contre les problèmes intestinaux et les douleurs : j’interviens à deux niveaux, d’une part sur mon alimentation et d’autre part en effectuant certains gestes.

En ce qui concerne l’alimentation, je tente d’évincer certains produits laitiers, afin d’éviter autant que possible de consommer du lactose et surtout les protéines inflammatoires et allergisantes contenues dans le lait de vache, les caséïnes et la β-lactoglobuline, car je n’ai jamais bien digéré le lait. Je pensais malgré tout que manger des yaourts au bifidus m’aiderait. Finalement, Amanda m’a expliqué qu’ils contenaient trop peu de bifidus pour obtenir une réelle efficacité. Cela relève plus de l’opération marketing. Dorénavant, je privilégie le yaourt au lait de brebis (qui contient moins de lactose et des protéines différentes de celles du lait de vache) et je prends des probiotiques en comprimé afin d’aider ma flore intestinale à se rétablir (car elle est malmenée par les antibiotiques que je prends à vie). J’aime les yaourts au lait de brebis bio (presque un euro le yaourt – quel dommage qu’ils coûtent aussi cher, c’est quasi un luxe d’en manger) ainsi que le fromage de brebis et de chèvre donc cela ne génère pas de frustrations chez moi. De plus, je n’ai pas encore stoppé tous les produits laitiers comme le beurre,la crème fraiche, certains fromages ainsi que le lait dans certaines préparations mais je pense l’évincer d’avantage à terme en le remplaçant par des laits végétaux, après achat d’un livre de recettes allant dans ce sens (J’évite pour l’instant le lait de soja en raison du débat existant au sujet de sa consommation, en raison de la présence de phyto-oestrogene chez ce dernier, mais je ne suis pas au point sur le sujet). Je vais juste consommer du lait de vache avec parcimonie et l’éviter tant que possible. Je continue quand même à manger des crêpes, des gaufres, pancakes et blinis, avant de trouver un beau livre de recettes inspirant et qui ne propose pas uniquement de remplacer le lait de vache par du lait de soja.

Edit du jour (25 mars 2015) : mon amie Sophie m’a fait découvrir ce blog, Antigone XXI, lequel comprend un onglet avec des recettes Vegan. Ce qui m’intéresse surtout, ce sont les recettes sans lactose.

J’ai arrêté certaines boissons de moi-même, car je sentais qu’elles ne me réussissaient pas non plus (c’est aussi cela, être à l’écoute de son corps): Il s’agit de l’alcool bien évidemment, des boissons gazéifiéeseaux, boissons du type coca-cola et bières (Snif)-, j’ai également supprimé les boissons trop chaudes juste après un repas, le café que je remplace par de la chicorée bio. Désormais, je privilégie le thé vert et les infusions, ainsi que des sirops pour avaler mes médicaments, mais à terme je devrais stopper ces derniers qui comportent des sucres rapides. Certaines de ces boissons sont peut-être trop difficiles à supporter pour mon foie, les autres m’apportent ballonnements et renvois désagréables. Je m’autorise de temps en temps quelques gorgées de bière en piquant le verre de mon mari, mais je les supporte de moins en moins, c’est donc devenu un geste qui se raréfie chez moi. Il faut que j’en fasse mon deuil, moi qui aimait bien boire un peu d’alcool et du café de temps à autre. Autant vous dire que dans un bar, ce n’est pas moi et mon pisse-mémé qui vais passer pour un gai luron et « ambiancer » la salle.

Un de mes objectifs est également d’éviter de consommer trop de sucres rapides et des aliments à index glycémique élevé, et de favoriser les légumineuses, manger bio, des aliments peu transformés, éviter les farines trop raffinées. Je vous rassure, je vais continuer à manger du gluten puisque je n’ai ni allergie ni intolérance et je ne veux pas céder à ce nouveau diktat. Je dois manger équilibré, sans oublier les protéines et essayer de regagner du poids même si cela reste difficile, car ma manière de m’alimenter a changé : je fractionne mes repas, je dois faire des pauses entre les plats, manger lentement et bien mâcher afin de ne pas avoir mal au ventre. Il y a encore du travail avant que je réussisse à modifier toutes mes habitudes alimentaires, je vais y arriver progressivement. Et je m’autorise quand même certains « craquages ».

J’ai notamment acheté des livres sur les aliments anti-cancer et sur les bons gestes à adopter, afin de m’améliorer. J’ai ainsi appris que le curcuma était un épice bon pour lutter contre le cancer. J’ai commencé la lecture du livre Anticancer de David Servan-Schreiber qui reste très intéressant et nous délivre des conseils utiles.

En ce qui concerne les autres gestes que j’ai adoptés Toujours pour mes intestins, je prends des gélules de probiotiques (déjà mentionnés ci-dessus et qui contiennent de nombreuses souches de probiotiques) afin de rétablir ma flore intestinale.

J’ingère également des gélules à l’extrait sec de cannelle et aux huiles essentielles de cannelles, du laboratoire Etnas, pour leurs effets anti-ulcéreux sur mes intestins. J’ouvre une gélule et j’avale la poudre avec un grand verre d’eau, pour une plus grande efficacité tout au long du tube digestif. En parallèle, je privilégie les infusions tièdes contenant de la cannelle et j’y ajoute même de l’eau florale de cannelle pour intensifier leur effet.

Je masse mon bas-ventre dans le sens des aiguilles d’une montre avec un mélange d’huiles essentielles que m’a donné Amanda et d’huile d’amande douce, qui ont un effet anti-inflammatoire et anti-douleur.

Toujours pour lutter contre ces douleurs, je mets une poche de thermogel très chaude (similaire à une bouillotte) contre ma peau. Cela est également efficace même si c’est parfois un peu long.

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  • Pour la santé de mon foie :

Je fais des cataplasmes sur mon foie à l’argile verte. L’argile est sensée agir comme un foie de remplacement. Je sens effectivement des effets lorsque je l’applique et je suis même un peu rouge sur cette zone.

J’ai également racheté des comprimés de desmodium associés au curcuma et à d’autres plantes. Cette plante d’Afrique est reconnue pour son pouvoir régénérant sur le foie et elle aurait même aidée à guérir certaines hépatites. Autant aider mon foie à supporter tous ces traitements et notamment la chimiothérapie. Si cela peut contribuer à ma guérison, je n’hésite plus.

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  • Pour mes doigts abîmés (par la paresthésie et par le syndrome « mains-pieds »)

J’applique désormais une crème bio pour les mains ainsi qu’un baume à la consoude, une plante reconnue pour son fort pouvoir cicatrisant. Le seul hic, c’est que je devrais normalement l’appliquer après chaque lavage de mains pour obtenir une réelle efficacité mais c’est un peu fastidieux pour moi, car cela a tendance à graisser les doigts et donc tout ce que je touche. Je préfère le faire avant d’aller me coucher.

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  • Pour mon bien-être

J’utilise de l’huile de rose musquée sur ma cicatrice abdominale afin qu’elle s’amenuise. Lorsque j’aurai terminé mon flacon Bi-oil je n’en achèterai plus car j’ai appris qu’il contenait non pas de l’huile végétale mais de l’huile minérale dérivée de la pétrochimie. J’utilise aussi l‘huile tonic de chez Clarins qui est géniale mais un peu chère car je trouve qu’elle a fait ses preuves sur ma cicatrice qui est devenue bien plus plate qu’avant, et assez claire. C’est en plus un produit composé d’huiles végétales et qui sent super bon. Je me masse quotidiennement avec.

Je vais petit à petit alléger la trousse de beauté et une fois que je les aurai terminés, ne racheter que des produits de beauté et cosmétiques bio. Un week-end sur deux, je prends un bain dans lequel je mets soit de la mousse, soit des huiles. C’est très relaxant et ma petite fille adore prendre le bain avec moi.

J’essaie d’agir sur ma respiration avec la méthode de la cohérence cardiaque et faire de la sophrologie lorsque j’en ressens le besoin. Cela est assez efficace pour aider mes douleurs à s’apaiser, le temps que la morphine fasse effet.

Je prends des gouttes de fleurs de Bach « lâcher-prise » afin de me détendre au maximum.

Je fais la sieste dès que j’en ressens le besoin, bien dormir est primordial pour que mon corps se régénère et se repose.

Je me promène dans le quartier dès que j’ai un moment de répit, afin de me remuscler tranquillement.

Je prends de l’arnica montana 9CH sous forme d’homéopathie et de crème pour soigner mes cuisses toutes bleue après presque une année de piqures à raison de deux par jour. Depuis quelques semaines, je n’ai plus qu’une seule piqure tous les vingt-huit jours, hourra !

Je prends également du gelsenium 9CH et de l’ignatia amara 9CH sous forme d’homéopathie pour bien dormir.

Voilà pour les principale mesures que j’ai entreprise de suivre régulièrement. Vous voyez, je prends bien soin de moi, je vous l’avais dit ! Ces différentes astuces que j’applique au quotidien sont en train de devenir des automatismes. J’espère qu’à leur échelle elles m’aideront à guérir. Je devrais voir les effets sur mon corps arriver au fil du temps.

****** BILAN ******

Les résultats ne sont pas encore visibles, en ce qui concerne mes douleurs intestinales, car mon corps se rééquilibre petit à petit, et tant que je suivrai la chimiothérapie, je n’arriverai jamais totalement à bout de ces douleurs. Toutefois, je sais que je dois poursuivre dans ce sens pour me sentir mieux.

Il m’arrive encore de faire de nombreux écarts, mais je ne peux que m’améliorer, et rien qu’écrire cette liste me fait du bien et me motive dans la poursuite de cette démarche. (je l’avoue, j’ai mangé un yaourt à la framboise ainsi qu’une barre chocolatée, mais sans culpabilité et avec grand plaisir, c’est cela qui reste important).

Évidemment tout ceci a un coût (produits alimentaires bio, cosmétique et produits de beauté bio, gélules non remboursées) mais étant donné que je ne mange plus beaucoup au restaurant, que je ne sors pas le soir en raison de ma maladie et de ma fille qu’il faut garder (une baby-sitter cela a un coût que nous nous permettons moins avec la crèche à payer), cela compense largement les frais occasionnés, et que ne ferais-je pas pour recouvrer la santé !

Pour moi, la rencontre avec la naturopathie ne peut apporter que du positif, en complément des traitements scrupuleusement, que je suis et que je n’envisage bien entendu pas d’arrêter.

Si vous avez quelques astuces à partager, notamment des recettes savoureuses à base de quinoa, boulgour ou autres céréales, des recettes appétissantes sans lactose (Sophie ?), ou des conseils en matière d’huiles essentielles et d’eau florale ou d’homéopathie, n’hésitez pas à me laisser un commentaire, j’en prendrai connaissance avec grand plaisir.

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