A mon petit chaton

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Du haut de ses deux ans et huit mois, d’aussi loin que remontent ses souvenirs, elle ne m’aura connue que malade.

Du haut de ses deux ans et huit mois, je ne sais pas bien ce qu’elle a compris de ma maladie, mais elle sait que je suis fragile et qu’il me faut souvent me reposer.

IMG_0883IMG_0887Nous ne lui avons jamais caché que nous vivions une situation atypique, Moi malade à la maison, son Papa actif, sa Manou régulièrement présente à nos côtés pour nous aider lors de mes séances de chimiothérapie, les week-end en Normandie chez son Papi et sa Mamie avec son Papa mais sans Moi.

Elle sait lorsque je pars à l’hôpital me faire soigner toutes les deux semaines.

Elle sait que je reviens toujours, mais que parfois, il lui faudra me rendre visite, lors d’un séjour prolongé.

Elle sait quand elle doit me laisser me reposer dans mon fauteuil et elle devine quand ma forme s’améliore suffisamment pour que je m’occupe d’elle.

Elle a son petit caractère, mais c’est aussi une petite fille intelligente et très attentionnée. Lorsque je pleure, elle me regarde avec ses grands yeux graves, me fait un câlin pour me consoler et m’apporte même des mouchoirs.

IMG_0894Il lui arrive aussi d’imiter les infirmiers qu’elle côtoie trop fréquemment et de me faire à moi ou à un proche une piqûre avec ses jouets pour nous soigner.

Et moi je culpabilise et mon cœur se serre de ne pouvoir prendre soin d’elle autant qu’elle le mérite. De ne pouvoir la porter, la changer, l’habiller le matin. De devoir être sans cesse assistée. De ne pouvoir passer une journée seule en tête à tête rien qu’avec elle.

Aussi,

Je suis heureuse de lui faire la surprise d’aller la chercher à la crèche lorsque je suis en forme. Même avec des bonbons que je lui donne volontiers alors que ce n’est pas très sain.
Je suis heureuse de lui choisir ses petits vêtements.
Je suis heureuse de la gâter et de lui acheter des livres et des jouets. Un peu trop, peut-être.
Je suis heureuse de prendre le bain avec elle, d’y mettre plein de mousse et de la laisser me laver les cheveux et jouer avec le savon.
Je suis heureuse d’être là au moment du coucher, même si elle invente plein de prétextes pour essayer de reculer cet instant.
Je suis heureuse lorsqu’elle me réclame « dodo l’enfant do », même quand c’est la troisième fois.

Je fais ce que je peux, à mon rythme et j’espère qu’elle ne m’en tiendra pas un jour rigueur de ne pas être une maman en forme.

A ma petit Roxane que j’aime de tout mon coeur.

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