Partir le temps d’un week-end (à Provins)

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Cela peut paraître anodin. S’échapper deux tout petits jours, rompre avec la routine, avec un quotidien parfois un peu trop pesant. Passer ces deux jours en famille, se retrouver rien que nous trois à flâner le nez au vent, à ne s’occuper de rien si ce n’est de la réservation de l’hôtel, de la balade de l’après-midi et du choix du restaurant où dîner le soir.

Programmer un spectacle avec des chevaliers et une princesse à cheval pour Roxane et qui sait, aller à la piscine ? Vanille ou chocolat, le parfum de la glace ? Cela sera fraise !

Laisser les infirmiers à Paris, le temps d’un week-end. Oublier les soins, la question récurrente « sur une echelle de 1 à 10 où situez-vous votre douleur aujourd’hui ? ».

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Pour beaucoup, ce week-end là n’aura été qu’un week-end parmi tant d’autres, un pont bienvenu après une semaine de travail écourtée.

Mais pour moi, ce week-end aura été exceptionnel. Cela fait un an que je ne suis pas partie en week-end avec mon mari et encore plus accompagnée de Roxane. Je ne compte pas mes séjours à Dax chez mes parents où tout est balisé, planifié avec le passage régulier du médecin et des infirmiers, avec les séances de chimio à effectuer à l’hôpital toutes les deux semaines comme à Paris. Où je redeviens cette enfant chouchoutée par sa maman et son papa. Cette fois-ci, il s’agit d’un vrai week-end d’adultes. Je pars heureuse en famille à Provins, un week-end détente et plaisir, à quatre-vingt dix kilomètres de Paris, mais avec un peu d’appréhension quand même, avec (un peu) la peur au ventre.

Peur que mes douleurs ne me laissent aucun répit. Peur d’être trop fatiguée pour ne pouvoir réellement en profiter. Peur de tout gâcher. Que se passerait-il si je ne pouvais plus avancer au beau milieu du chemin ? Si au cours du spectacle je m’effondrais devant tout le monde ? Quelle déception si ma maladie venait interférer avec notre première sortie…

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Et finalement tout s’est bien passé. J’ai gravi les marches de la tour César, me suis promenée dans un parc magnifique -la Roseraie- et même dégusté de la confiture à la rose. Roxane a enchaîné les tours de manège, est montée sur un poney et mangé de la glace à la fraise à tous les repas. Et mon mari était présent à nos côtés, avec toute sa bienveillance, vérifiant que je ne sois pas trop fatiguée, portant les sacs et Roxane sur ses épaules.

Mes douleurs m’ont laissée relativement tranquille. Bien sûr, je me suis ménagée, j’ai pris mon temps, avancé à mon rythme et consommé de la morphine un peu plus que de coutume. Mais je l’ai fait, je suis partie en week-end et cela a été un succès!

A croire aussi que mon mental a joué un rôle important dans la réussite de ce moment. Si c’est ainsi, je lui demanderais bien de m’aider à éradiquer les tumeurs qui s’accrochent à mon foie afin de guérir le plus rapidement possible.

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Et maintenant que j’y ai pris goût et que je sais cela possible, je me programmerais bien un petit week-end en amoureux à Londres avant la fin de l’été …

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Ndlr. Provins est une jolie cité médiévale, classée au patrimoine mondial de l’Unesco et située en Seine-et-Marne, à quatre-vingt dix kilomètres de Paris environ. Des spectacles avec des oiseaux de proie et des chevaliers y sont notamment organisés. C’est une ville idéale pour une escapade le temps d’un week-end, en amoureux ou en famille, et pour les parisiens, cela change du traditionnel week-end à Deauville.

Nous avons dormi une nuit dans un hôtel très confortable, le César Hôtel, assisté aux spectacles « la légende des chevaliers » et « les aigles des remparts », visité la Roseraie et la collégiale St Quiriace, gravi les marches de la Tour Cesar et arpenté les murailles. Et encore, nous n’avons pas pu tout visiter…

http://www.provins.net/

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