Ode à la lenteur ou comment j’ai adopté la slow attitude

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Prendre le temps…

Le slow est « à la mode », notamment au travers de la Slow food et de la Slow cosmétique. Il faut comprendre le slow comme l’adoption d’une éthique prônant le retour à des valeurs plus saines, à un mode de vie moins consumériste. Ainsi, au travers de la Slow food, il s’agit de lutter contre la standardisation de la nourriture, de sélectionner de bons produits, avec une préférence pour le local,  le bio, le fait-maison. Pour ce qui est de la Slow cosmétique, les produits de beauté issus de laboratoires de pointe sont remplacés par des produits d’origine bio, plus simples et sains pour la peau, l’organisme et l’environnement. Et toujours dans le respect des personnes qui ont participé à l’élaboration de ces produits. Dans ces mouvements, on retrouve l’idée de préserver des valeurs simples, proche de la nature et loin du consumérisme ambiant. Il s’agit de mettre du sens dans ses choix de vie. Ne pas rechercher le prix le plus bas mais le plus juste. Se détacher de l’idée que nous n’existons que si nous consommons. Bref, vous l’aurez compris, il s’agit non pas de consommer pour consommer, mais de mener une véritable réflexion autour du sens que nous mettons dans nos achats (En résumé).

Depuis que je suis malade, j’ai adopté un mode de vie plus slow, dans ma manière de consommer mais également dans mon mode de vie. D’abord parce que je suis sensible à ce discours, ensuite parce que je n’ai pas tellement le choix.

Au quotidien, qu’est ce que cela donne ?

J’essaie de mieux m’alimenter, en cuisinant d’avantage, même si ce n’est pas évident lorsque je suis fatiguée. J’évite d’acheter des plats cuisinés (sauf les cônes glacés que j’affectionne depuis que j’en ai été privée à cause de ma chimio). J’utilise moins de produits de beauté et les remplace petit à petit par des eaux florales et des huiles végétales (j’ai hâte de passer au shampoing solide). Je n’ai quasiment pas fait les soldes cet été (sauf pour ma fille qui grandit et une fois seulement pour moi, lors des ventes presse de ma marque fétiche, Ba&Sh). J’ai aussi décidé de privilégier les créations fait-main dans le choix de mes cadeaux. Et surtout, je suis obligée de prendre le temps de vivre. De faire les choses lentement. D’où le titre de cet article, « Ode à la lenteur ». Le changement n’a pas été évident.

Ma maladie et les traitements engendrent beaucoup de fatigue chez moi. Le dynamisme dont je pouvais faire preuve auparavant m’a quitté. Ma vitesse de croisière est devenue celle d’une tortue neurasthénique. Un rien me fatigue. Le matin, je me réveillais, j’avais mal dans tout le corps. La journée, dès que je m’étais un peu trop activée, la fatigue pointait le bout de son nez et je m’effondrais régulièrement dans mon fauteuil entre deux tâches. Le soir, je m’assoupissais souvent après le repas, manquant le moment du coucher de ma fille. Et cela m’arrive encore, malgré le changement de protocole.

Le matin, motivée, je rédigeais la liste des tâches à accomplir tout au long de la journée. Le soir venu, au moment de dresser le bilan de ma journée, j’étais souvent dépitée face au peu de résultats obtenus et à la montagne de tâches à reporter au lendemain ou à plus tard. Cela me désolait, car chaque seconde, chaque minute m’était précieuse. J’avais déjà perdu suffisamment de temps lors de mes séjours à l’hôpital. Certes je suis en arrêt maladie, donc sensée avoir plein de temps libre pour me reposer, mais je n’ai pas le temps d’avoir le temps !

Au départ, j’ai éprouvé une certaine contrariété et beaucoup de frustration. Je ne voulais pas gâcher le peu de temps qu’il me restait peut être à vivre (sait-on jamais). Et la chimio revient tellement rapidement !

Et puis j’ai appris à faire avec. A prendre mon mal en patience. A adopter un nouveau rythme. Il m’arrive encore d’être mécontente, de ne pas accepter de ne plus faire partie du monde des actifs, d’avoir envie de faire plein de tâches en même temps, mais je me suis résignée à mettre la barre moins haut, à faire les choses petit à petit, consciencieusement et à m’en satisfaire (C’est toujours cela de fait et de bien fait). Chaque chose en son temps.

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le perchoir1En haut du Perchoir

Et finalement c’est agréable de prendre le temps de vivre, tout simplement.

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Pour aller plus loin, car ils en parlent mieux que moi : voici le site dédié à la Slow food

Idem avec la Slow cosmétique.

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J’ai été interviewée par My Victories, vous pouvez retrouver mes réponses ici.

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