Un week-end à Londres

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Contre toute attente, j’ai réussi à m’octroyer en ce mois d’octobre un week-end prolongé à Londres, accompagnée de mon mari. 

Mon combat contre ma maladie est un job à temps plein, un CDI, avec moultes heures supp’ à la clé. Mieux vaut-il ne pas les comptabiliser. J’ai décidé de congédier la maladie, le temps d’un week-end prolongé. Car j’ai, comme tout le monde, l’envie et le droit de prendre des vacances. La destination est toute trouvée, cela fait longtemps que j’en rêve. C’est décidé, nous poserons nos valises trois jours à Londres. Pour vivre une agréable parenthèse entre deux séances de chimio, loin des tracas du quotidien. Alors certes, mes maux se rappellent régulièrement à mon bon souvenir et m’empêchent d’en faire autant qu’avant, mais je suis fermement décidée à ce que rien ne vienne gâcher cette escapade outre-Manche. Nous avons confié notre Roxane à mes beaux-parents, elle sera mieux à jouer et se reposer après ce premier mois d’école qu’à marcher et se fatiguer à nos côtés.

Pourquoi Londres ?

Nous avons choisi Londres, ville que nous voulions visiter ensemble depuis quelques années, et que nous connaissions déjà séparément, différemment. J’étais d’autant plus motivée que ma dernière tentative de voyage, en 2009, fut un échec cuisant. Je devais alors passer un week-end chez mon amie Laure, la reine des organisatrices. Arrivée in extremis à Orly, je vous laisse imaginer ma déconvenue lorsque l’hôtesse de l’air m’a informée que j’étais bien prévue sur un vol, à un détail près : il s’agissait de celui qui avait décollé le samedi précédent…à l’époque je faisais beaucoup d’A/R entre Paris et Toulouse et j’avais dû m’emmêler dans les dates. Devant l’impossibilité de rallier Londres, je m’étais consolée avec des cupcakes bien parisiens.

Bref, pour en revenir à ce week-end, l’Angleterre faisant partie de l’UE, j’ai aisément obtenu l’autorisation auprès de la Sécurité Sociale de quitter mon lieu de résidence pour trois jours. Lorsque l’on est atteint d’une ALD, il est prudent d’informer la caisse primaire de toute sortie du département, en cas de problèmes de santé. Rien de plus simple pour obtenir le précieux sésame, il suffit de se rendre à sa caisse d’affiliation avec un certificat de son médecin attestant que notre état de santé nous autorise à voyager et de sa carte vitale. Un proche muni d’une procuration et des mêmes documents peut effectuer les démarches à votre place, ou sinon, vous pouvez adresser la demande par courrier, si vous souhaitez éviter les éventuelles files d’attentes.

Les billets d’Eurostar, la réservation de l’hôtel dans Camden (pratique car proche de la gare de Saint-Pancras) et le guide Cartoville commenté par Pénélope Bagieu en poche, nous voilà fins prêts à arpenter les rues de Londres. Après avoir hésité entre la location d’un appartement Airbnb et la réservation d’une chambre d’hôtel, nous avons finalement privilégié la seconde solution : pour un aussi court séjour, la différence de prix n’est pas intéressante. Au prix initial de l’appartement s’ajoutent souvent des frais de ménage. De plus, il nous est nécessaire de faire quelques courses pour manger sur place (en raison de mes problèmes de glycémie, je ne peux plus sauter le moindre repas et je dois avoir de quoi manger avec moi). Alors qu’à l’hôtel, d’une part le petit déjeuner était compris, et d’autre part, à la réflexion, je ne suis pas certaine que nous aurions vraiment fait des courses et cuisiné pour seulement trois petits jours. Sans compter les bagages qu’il aurait certainement fallu entreposer dans une consigne le dernier jour. Mais pour un séjour plus long, la location d’un appartement peut valoir le coup, si vous décidez de manger parfois chez vous pour changer des restaurants et en raison de l’absence d’horaires à respecter.

Que faire en trois jours ? Dans une ville aussi vaste et attractive que Londres, il nous a bien fallu faire un choix.

Jour J / vendredi :

Arrivés vendredi en début de soirée à Londres, nous avons simplement dîné dans un pub (festival du gras), visité Camden et terminé la soirée en assistant à un concert de funk dans un des nombreux bars qui jalonnent la rue. Le quartier et son marché ont l’air très vivants, je regrette seulement de ne pas avoir pu visiter ce quartier de jour.

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Jour 1 / samedi :

Nous nous sommes promenés dans les rues, avons fait du lèche-vitrines et nous sommes rendus chez Liberty. Je rêvais de découvrir ce magasin, en raison du célèbre tissus « Liberty of London », mais j’ai été un peu déçue, car ce n’est ni plus ni moins qu’une sorte de Bon Marché. Néanmoins, l’étage consacré aux décorations de Noël vaut le détour, vous pouvez acquérir une sublissime boule de Noël avec à l’intérieur une figurine de sa Majesté la Reine Elisabeth II. Pour la modeste somme de 14 Pounds. Aïe. Nous avons également arpenté les rues aux alentours, Carnaby street a bien changé depuis mes quinze ans.

L’après-midi, nous avons flâné du côté du Burough market, qui vaut le détour avec toutes ses petites échoppes d’où s’échappent d’appétissantes effluves donnant envie de manger sur le pouce (vive la junk food).

La visite de la Tate modern dans une ancienne usine avec son immense cheminée vaut le détour et le coup d’œil, ne serait-ce que pour l’architecture du lieu et ensuite pour les œuvres d’art, parfois, disons le, un peu étranges.

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Jour 2 / dimanche :

La journée a commencé par une déambulation dans les salles de la Tate Gallery, à la découverte de peintres et sculpteurs anglais.

Puis nous avons repris le « tube » londonien et rallié Notting Hill, quartier très vivant le dimanche (nous n’étions pas les seuls à avoir eu cette idée), après avoir déjeuneé dans un restaurant indien, le Malabar, délicieux mais épicé (aie, mon palais délicat ne supporte plus la cuisine relevée en raison de mon traitement, je l’avais oublié).

Plus tard dans l’après-midi, nous nous sommes promenés dans Kensington park et Hyde park, où j’espérais faire du « pédalo-cygne », comme au Japon, mais nous n’en avons hélas pas trouvé. Nos pas nous ont conduits jusqu’au Buckingham Palace, the place to be pour tout curieux rêvant de croiser la Reine (on peut toujours rêver) ou au moins pour ses gardes royaux chapeautés de haut.

Et pour changer de l’indien et éviter un fish and chips gras à en pleurer (le gras ce n’est pas la vie quand on est malade), nous avons dîné dans un restaurant asiatique du China Town local, proche de Picadilly Circus, avant de terminer cette longue journée (pour nos pieds) par une toile : le film Suffragette avec Carey Mulligan, Helena Boham Carter et Meryl Streep, film qui sortira d’ailleurs en France le 23 novembre. Rien de tel pour s’immerger dans la langue anglaise.

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Jour 3 / lundi:

Notre départ était prévu en début de soirée, histoire de bien profiter de notre dernière journée londonienne. Afin d’assouvir notre soif de musée (« un jour, un musée »), nous avons clôturé notre séjour par une visite à la National Gallery, laquelle possède une très belle collection de tableaux de différentes écoles et périodes.

J’étais ravie d’admirer un tableau d’Odilon Redon (Ophelia among the flowers), ainsi que quelques tableaux de Turner et découvrir Canaletto et ses peintures du grand canal de Venise, pour ne citer qu’eux.

Une dernière balade dans Brick Lane ,proche de la City (encore un marché aux fripes dans lequel flâner), un dernier tour au pub et il était déjà l’heure de faire nos adieux à Londres.

→ Conclusion ←

Avec un peu d’organisation et quelques pauses salutaires -pubs et coffee shops en alternance-, il m’a été possible de voyager et de profiter au mieux de cette capitale.

J’avais volontairement choisi une ville facile d’accès, en Europe, au cas où j’aurais eu un soucis de santé nécessitant un rapatriement en urgence.

Les maîtres mot d’un séjour réussi sont : s’écouter et prendre son temps, accepter d’en faire moins que lorsque l’on est en pleine possession de ses capacités physiques. Alléger son planning en conservant un rythme adapté à sa pathologie. Je ne me couchais pas trop tard, ne ratais pas le petit déjeuner et nous ne quittions jamais l’hôtel avant 10h30 / 11h.

J’avais bien entendu emporté mes médicaments, mes ordonnances et un compte-rendu médical (le mieux serait d’en avoir un dans une version anglaise, au cas où).

Je regrette seulement de ne pas avoir eu le temps de visiter les grands monuments tels le London bridge ou Westminster abbey, d’admirer la vue du haut de l’Eye of London -la grande roue la plus haute d’Europe- (le temps gris et nuageux ne le permettant pas), ainsi que de déambuler un peu plus dans certains marchés, et d’avoir pris une journée pour aller découvrir les studios Harry Potter (il paraît que la visite est chouette).

Cela sera l’occasion d’y effectuer un prochain séjour !

Le métro étant très cher, il est conseillé de prendre une Oyster card, surtout qu’il est possible de se faire rembourser le crédit restant dans une machine en quittant Londres. Je trouve le réseau plus compliqué à comprendre qu’à Paris. Et il y a également moins de stations, donc plus de marche à pieds. Heureusement que les collections permanentes des musées nationaux sont en accès libre, car Londres reste une ville très chère.  L’hôtel est cher. Mieux vaut effectuer les visites souhaitées le matin lorsque l’on n’est pas encore trop fatigué, pour poursuivre par une promenade plus tranquille l’après-midi.

Mon état de santé s’étant amélioré et après cette expérience concluante, nous avons l’intention de partir une prochaine fois avec Roxane, à la découverte d’Amsterdam que je ne connais pas très bien. Au printemps, pourquoi pas ?

Si vous aussi êtes malade, mais que vous gérez correctement votre maladie, vous pouvez faire comme moi et prendre quelques jours de congés, en France ou dans une ville pas trop compliquée d’accès. Cela fait du bien au moral de s’aérer et de vivre normalement. Ou presque.

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